Monique Amigues, chef du Service Economique de l’Ambassade, s’est entretenue avec Benoît Marcenac, président de la nouvelle section Nouvelle-Zélande des Conseillers du Commerce extérieur de la France.
Donc il existe une toute nouvelle section Nouvelle-Zélande des Conseillers du Commerce extérieur de la France, dont vous avez été élu Président ?
Oui, effectivement, la section Nouvelle-Zélande des Conseillers du Commerce extérieur de la France (CCEF) a été officiellement installée le 10 décembre 2009 à Wellington par Michel LEGRAS, Ambassadeur de France en Nouvelle-Zélande, en présence du Service économique de Wellington.
Pouvez-vous vous présenter ?
Je m’appelle Benoît Marcenac. Je vis en Nouvelle-Zélande avec mon épouse et nos trois enfants depuis mars 2002. Nous jouissons tous les cinq de la double nationalité. Je suis diplômé d’une école de commerce et j’ai toujours exercé dans le commerce maritime.

Quelle entreprise dirigez-vous ?
Aujourd’hui je dirige Sofrana Unilines, un opérateur maritime de niche, qui exploite ses lignes exclusivement dans le Pacifique sud (Australie, Papouasie-Nouvelle-Guinée, et toutes les îles du Pacifique).
Qu’est-ce qu’un Conseiller du Commerce extérieur de la France ?
Les Conseillers du Commerce extérieur de la France appelés souvent par leur acronyme (CCE ou CCEF) sont des hommes et des femmes du secteur privé, dirigeants ou cadres supérieurs d’entreprises français qui, nommés par décret pour un mandat de trois ans renouvelable, remplissent, de manière bénévole, non-rémunérée, une mission de service public pour la France.
Pour donner une vue d’ensemble des missions que chacun peut décliner à sa manière, selon son individualité, je dirais qu’ils s’engagent à respecter quatre missions principales :
1. Accueillir les acteurs économiques sur leur marché de résidence, pour nous la Nouvelle-Zélande, faciliter leurs premiers pas, leur apporter une assistance pratique.
2. Observer au quotidien les pratiques commerciales de leur pays de résidence.
3. Conseiller l’Ambassadeur et le service économique sur certains aspects de la vie économique et commerciale de la Nouvelle-Zélande, pouvant avoir des incidences sur nos relations bilatérales.
4. Enfin, parrainer, voire former de jeunes actifs qui s’engagent dans une carrière commerciale à l’international. Dans ce cadre, ils sont tuteurs de plusieurs milliers de Volontaires Internationaux en Entreprise (VIE).
Et pour conclure, je dirais que toutes ces missions se résument en une phrase : « ils exercent une magistrature d’influence »
Quelles sont les raisons qui vous ont amené à devenir Conseiller du Commerce extérieur de la France ?
Pour ma part, je finis mon premier mandat de CCE, puisque je suis dans ma troisième année d’exercice et que mon renouvellement est en cours. Avant de devenir CCE, j’étais déjà très impliqué dans la vie associative assortie d’une « touche française » en Nouvelle-Zélande. Ce qui m’a attiré dans les fonctions de CCE, outre les missions, c’est l’originalité de l’institution et la diversité des profils qui la composent.
Les CCE constituent un réseau unique, propre à la France, sans équivalent étranger. Ce sont 3 500 femmes et hommes, dont près de la moitié réside à l’étranger, dans environ 130 pays. C’est aussi sa diversité qui fait l’originalité de l’institution. D’expérience, je savais, avant même d’être candidat aux fonctions de CCE, pouvoir y rencontrer des personnalités de tous horizons, géographique, sectoriel, culturel. L’originalité c’est encore et surtout celle du mode de recrutement : les CCE sont des Français, choisis intuitu personae, pour leurs compétences et leur expérience à l’international.
Je présumais, à juste titre, puisque depuis j’ai pu le vérifier, que cette originalité de l’institution, si française dans son essence, que le mode de recrutement, que la diversité des profils entraînaient une "liberté" de ton, d’action, de pensée à la recherche de laquelle j’étais. J’appréciais la « rentabilité de l’investissement » si je puis dire. Ce sont des fonctions qui sont peu consommatrices de temps (à la différence de nombre d’activités associatives) mais qui ont un effet de levier autrement plus important donc forcément plus valorisantes.
Pourquoi vous vous êtes porté candidat à la présidence de la section néo-zélandaise des CCE ?
Je sais désormais rester en Nouvelle-Zélande à moyen-long terme. Cette perspective me donnait, face à d’autres CCE plus mobiles, car cadres expatriés de leur entreprise, une présomption de longévité dans ce mandat qui, je crois, rassurait. La section est toute jeune et a besoin de stabilité pour se projeter dans l’avenir.
De quel type de profils est composée la section Nouvelle-Zélande des CCEF ?
Je dirais que nous sommes les uns et les autres plutôt impliqués dans les activités de services, puisque même Georges Michel, viticulteur, a une activité de négoce. Pour le reste, nous voyons représentés les services de santé avec Nadine Plet, de l’hôtellerie-tourisme, avec Olivier Lacoua chez Mercure, l’activité de distribution de produits principalement alimentaires, avec Catherine Michiels, et celle de produits de beauté avec Jean-Dominique de Ravignan, chez L’Oréal, deux CCE dans les nouvelles technologies, avec Stéphanie Guigou-Richards et Yann Teboul, et moi-même dans les services maritimes.

Quelles sont les autres sections de CCE créées dans les pays ou territoires voisins de la Nouvelle-Zélande ?
La plus importante est sans conteste celle de l’Australie, avec une quarantaine de membres. S’y ajoutent celles de Nouvelle-Calédonie, de Polynésie française et du Vanuatu. J’ai déjà commencé à nouer des contacts et à m’entretenir avec Didier Mahout, le Président de la section australienne, et Denis Etournaud, Président de la section de Nouvelle-Calédonie.
Entendez-vous mener des actions communes avec les sections voisines de la vôtre ?
Même si la section grandit, ce que j’espère et favoriserai, eu égard à la mobilité géographique intrinsèque des CCE, nous ne pouvons espérer être jamais plus d’une douzaine. Ce n’est donc qu’en nous liguant avec les autres sections de CCE du Pacifique Sud pour avoir une superficie et une « force de frappe » que nous pourrons exister aux yeux de Paris et du CNCCEF, le comité national.
Nous disposerons, en adoptant un programme commun à toutes les sections du Pacifique, d’un atout unique : être les seuls à pouvoir, avec les nombreuses sections de Polynésie française et de Nouvelle- Calédonie, exciper d’une représentation française à des milliers de kilomètres de l’Hexagone. Comprenez bien que nous ne tarderons pas à faire valoir cet atout. Mais, pour ce qui est des actions communes, il est trop tôt pour en parler, nous verrons cela à l’occasion de la prochaine réunion régionale des CCE qui se tiendra au premier semestre 2011.
A propos, à quand une réunion « régionale » des CCEF sur le sol néo-zélandais ?
Dans 24 ou 36 mois, en tout cas dans moins de 3 ans, je vous en fais promesse !
Quelle en sera la thématique ? En avez-vous déjà une idée ?
J’ai déjà plusieurs idées mais il faut au préalable que je les teste auprès de mes collègues CCE.
Et avec la chambre de commerce franco-néo-zélandaise, aurez-vous des actions communes ?
Avec la Chambre de commerce française en Nouvelle-Zélande, en dépit de nombre de différences (les CCE, ce sont des individus, la Chambre, ce sont des entreprises ; les CCE, ce sont exclusivement des Français, à la Chambre adhèrent un grand nombre de Néo-Zélandais, pourvu qu’ils aient un tropisme français ; les CCE parlent français lors de leurs réunions, les consulaires anglais ), nous sommes, Chambre et CCE, dans une telle intimité, une telle consanguinité même, qu’il serait difficile d’imaginer que nous n’ayons pas d’action commune. Pensez ! Sur 8 CCE nous sommes 4 à adhérer à la Chambre. J’ai moi-même présidé la Chambre pendant trois ans quand elle s’appelait encore le FNZBC, French New Zealand Business Council. Mais je plaide l’indulgence de la jeunesse. Nous n’existons que depuis 6 mois et n’avons pas encore défini de programme et de plan d’actions.
Quel sera votre dernier mot, Président ?
« Il nous faut croître pour ne pas diminuer ». J’aspire à faire partager notre enthousiasme à tous les Français membres de la communauté d’affaires et installés en Nouvelle-Zélande. Je sais que plusieurs des candidats que vous avez approchés craignent des fonctions « chronophages » et peu intéressantes. Pour leur prouver qu’au contraire notre travail peut être passionnant, je les ai invités à venir assister à notre réunion du le 22 juillet à Auckland.
Propos recueillis par Monique AMIGUES Chef du Service économique